Un bout d'histoire

En partageant un « bout d’histoire », par des aides concrètes au fil des semaines avec des interventions à domicile et dans l’entourage des enfants et des jeunes, un lien va se créer entre la famille et les intervenants. C’est cette « rencontre » qui va permettre que nous tentions d’interagir sur le mode de fonctionnement familial.

Si certaines de nos aides et de nos interventions sont actives, et surprennent parfois, nous les pratiquons volontiers en se disant que les êtres humains ont besoin de se parler et de jouer ensemble pour pouvoir se rencontrer. Le terme jouer est ici utilisé dans le sens d’une action commune, d’un agir ensemble. Que nos interventions soient cataloguées comme étant pédagogiques ou éducatives, il n’empêche qu’elles sont parfois stratégiques et ont des effets thérapeutiques (lire un livre, faire un jeu, dessiner, visiter un musée, faire la file à l’administration, aider au déménagement, se promener au parc, aller à la fête de l’école, rencontrer une maison de quartier, visiter des appartements, chercher un colis alimentaire, accompagner à l’hôpital, au scout ou à la crèche, gérer certains contacts nécessitant un encadrement, participer aux travaux d’aménagement, rechercher des meubles, tapisser la chambre de l’enfant, découvrir une recette, passer le peigne à poux, fixer un lavabo, prendre des photos, construire un livre ou faire une sculpture…)

Nous considérons nos interventions de proximité, comme étant des instruments d’ouverture, beaucoup plus que des outils de réparation. L’alternance de ces moments forts se conjugue avec des temps d’entretiens plus structurés au cours desquels l’articulation entre l’agir et l’analyse permet de dialoguer avec la famille sur l’impact suscité par nos interventions.

A l'occasion, nous invitons les enfants ou les jeunes à certaines activités, comme par exemple le « tremplin magique » pendant laquelle des livres sont contés. Nous profitons de cette animation pour participer aux échanges et observer les enfants tout en découvrant les fratries que suivent nos autres collègues. Ensuite, nous en donnons échos aux parents afin de nourrir ainsi notre histoire commune.

En comptant sur l’impact d’un certain bien-être professionnel qui pourrait résonner par isomorphisme auprès des familles que nous suivons, nous voulons nous donner les moyens de pouvoir être créatifs, disponibles et ouverts. Des liens privilégiés avec certains services ou groupes d’intervisions nous permettent de réaliser des échanges, réflexions et intervisions. L’ouverture sur un réseau large fait partie de nos « bouts d’histoire » en lien et résonances avec les parents et enfants pour lesquels nous intervenons.

Quant à nos réunions d’équipe, elles se situent à la croisée des histoires et nous permettent de cheminer avec sens.

Colloque - Encore jeunes et déjà parents - Mineures enceintes et grossesses précoces